Polly

Polly

2008 - 2019
Femelle

Né(e) le : 01 janvier 2008
Disparu(e) le : 20 juillet 2019

De : PACE


Maître·sse : JulisaRose


Signe particulier :
Un regard ténébreux, des coussinets tout abîmés par des années d'errance


Friandise préférée :
Le lait


Jouet préféré :
Une brindille


Meilleurs amis :
Dexter
Linette
Noireaude
Gaston

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En mémoire de Polly

19 11 43

Au revoir Polly. Entre toi et moi, tout avait commencé en 2013, lorsque je suis arrivée ici après mes études. Tu étais un chat des rues. Je ne savais même pas si tu étais une fille ou un garçon, tu étais le chat du quartier, toujours postée devant les marches d'un immeuble. Les passants te nourrissaient, le reste du temps je te voyais dormir tranquillement à l'ombre d'un arbuste. J'avais pour habitude de t'acheter une petite boite de patée lorsque je savais que j'allais te croiser sur mon trajet, au moins une fois par semaine. Dès que tu me voyais tu t'approchais vers moi en me miaulant dessus, impatiente que je t'offre ton repas. Je te prenais une gamme premier prix. Un jour j'avais voulu te gâter en t'offrant une patée de luxe, celle que je réserve aux anniversaires de mes autres chats, et tu n'en as même pas voulu. Tu as reniflé puis tu es repartie t'allonger. Quel caprice ! Je suis retournée au magasin pour te prendre ta patée premier prix, car après tout c'était ta préférée. Un soir d'hiver, je suis passée près de toi en rentrant à la maison. Il faisait vraiment froid, c'était en 2016. Tu étais prostrée, collée à une vitre pour récupérer la chaleur qui se trouvait à l'intérieur de l'immeuble, celui devant lequel tu avais élu domicile. Sans réfléchir, je t'ai prise sous mon bras et malgré ta non-coopération, je t'ai ramenée chez nous. Tu n'étais pas contente, tu n'aimais pas les contacts rapprochés, tu étais très indépendante et solitaire. Nous t'avons nourrie, tu as énormément mangé puis tu as dormi, pendant des jours et des jours. Tu as récupéré tout le sommeil qu'il te manquait, paisiblement. Tu n'avais plus à être sur tes gardes, dans l'insécurité du dehors. Tu avais ta propre couette, tu étais au chaud, tu n'étais plus invisible, tu venais de trouver une famille. Tu as rejoins notre petite bande de 4 chats qui n'ont jamais réussi à t'accepter, malgré ta douceur et ta discrétion. Tu t'étais résignée et tu vivais dans ton coin, comblée par notre attention, nos caresses et ta gamelle toujours pleine. Le temps a passé, tu as pris du poids, tu étais au meilleur de ta forme et tu semblais nous être reconnaissante, chaque jour. Tu adorais te prélasser sur notre lit, couchée sur les rayons du soleil. Tu te mettais sur le dos et tu recroquevillais tes petites pattes, en ronronnant de bonheur. Tu étais tellement facile à vivre, tu ne demandais pas grand chose. Tu nous observais, notre présence te comblais. Pensant que le dehors te manquait, je t'avais acheté un harnais ainsi qu'une longue laisse. Je te sortais en bas de notre résidence, dans l'espace vert. Tu aimais bien ces moments mais je pense que la plupart du temps, ça t'était égal. Tu finissais toujours par aller t'allonger sous les haies et ensuite j'avais du mal à te faire revenir. Tu aimais autant être à la maison, à te reposer. Ton regard était vif et tes yeux, tout ronds. D'un orange profond, foncé, perçant. Tu avais l'air d'être encore un bébé. Tu ne jouais pas souvent, tout ce qui t'importait c'était de dormir. On tentait de te stimuler avec un tas de jouets mais tu nous regardais à peine, tu nous snobais complètement. Un jour, on est rentrés avec une grande brindille et à tout hasard, on te l'a présentée. Et là, contre tout attente, on a découvert que tu savais aussi t'amuser. Te voilà qui donnait des coups de pattes dans le vide, à te mettre sur deux pattes pour tenter de l'attraper. On avait bien rigolé avec toi ce soir là. Puis nous avons déménagé et tu avais désormais tout un espace pour toi toute seule, les autres chats ne voulant pas te laisser tranquille. Tu explorais les recoins mais tu avais fini par en choisir un, le placard d'Elisa. Tu te mettais là et tu nous regardais passer. Tu étais dans le calme, c'était tout ce qu'il te fallait. Quand je passais dans le couloir tu étais parfois là à m'attendre, assise à entrebâillement de la porte de la salle de bain, puis tu me grondais pour me faire comprendre qu'il fallait remplir ta gamelle. J'aimais tellement te voir te régaler, tu allais bien. La vie était normale. Le soir, on te prenait avec nous dans le salon. Tu restais sur le canapé et je finissais toujours par m'endormir près de toi. Je te prêtais un peu de mon plaid et je sentais ton ronron sur mes pieds. Tu t'étirais, te te mettais sur le dos et je savais que ça voulait dire : caresse moi. C'était notre moment. Je savais que je te retrouverai chaque soir, à m'attendre lorsque je sortais de la douche. Dès que je prenais la brosse dans ma main tu te précipitais sur moi en me miaulant dessus, tu étais trop pressée. Quand tu sortais de ta litière, tu étais complètement folle, tu faisais des sprint à travers toute la pièce, c'était à chaque fois pareil. Le matin, tu te précipitais dans la chambre d'Elisa lorsque j'allais la réveiller car tu savais que j'allais ouvrir les volets et que le soleil allait inonder le pièce. Tu t'asseyais en plein milieu des rayons du soleil et tu fermais les yeux, tu profitais, ton poil était tout chaud. Tu finissais par t'allonger et tu restais là un bon moment, à te reposer. Dans tes moments les plus fous et les plus vaillants tu en profitais pour t'aventurer sur l'espèce de terrasse derrière chez nous. Tu explorais rapidement les lieux puis tu t'allongeais et tu levais ta petite tête, en fermant les yeux, comme pour savourer l'air frais. Au bout d'un moment quand tu avais fait ton petit tour et que tu en avais eu assez, tu rentrais et tu retournais dans ton placard, tout tranquillement. Tu adorais les "croquettes plaisir", tu te jetais dessus quand je t'en apportais. Le midi, tu attendais impatiemment que je t'apporte ta gamelle de pâtée, que tu dévorais en quelques minutes, avant de retourner t'allonger, encore et toujours. Le temps a passé et ton comportement a changé. Tu n'avais plus faim. Et c'était il y a quelques mois. Les jours défilaient et tu semblais perdre ton énergie. Parfois ça allait mieux puis le lendemain, ça n'allait plus du tout. On a découvert que tu avais une maladie et que ton pronostic vital était engagé. Tu as eu des périodes de rémissions, on te voyait heureuse et ça nous soulageait. Puis s'ensuivaient des moments de douleur évidente, durant lesquels nous étions démunis. On s'est battus comme on a pu. Tu as fait preuve d'une telle force. Tes souffrances devaient être réelles mais jamais nous aurions pu soupçonner qu'elles étaient si profondes. Tu continuais de ronronner et de me tenir compagnie, chaque soir, sur notre canapé. Inlassablement. Malgré tous les soins que nous t'avons apportés, tu es partie cette après-midi. Tu étais arrivée au bout de ton combat et j'étais persuadée que la seule façon que tu sois enfin apaisée, c'était de t'endormir, pour toujours. Je suis restée près de toi jusqu'au dernier instant, ma Polly. Si tu savais comme c'était dur. J'ai regardé ton ventre se gonfler, puis se dégonfler, au rythme de ta respiration. Je savais que c'était la dernière fois que je te voyais respirer. Je me suis engouffrée dans les poils de ton cou et c'était fini. Tu es partie. C'est une nouvelle vie qui commence, sans toi. Notre famille ne sera plus jamais au complet, sans toi. Je ne sais pas à quoi vont servir les rayons du soleil, sur le sol de la chambre d'Elisa, si tu n'es plus là pour en profiter. Ça n'a plus de sens. Je t'aimerai toujours, je pense que tu le savais. Ma polly, ma popotte, ma popie.

Ta maman.

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43 commentaires

  • L'amour est éternel

    De : Venette

    16/08/2019 à 18:52:34

  • L'amour est éternel

    De : Scath

    15/08/2019 à 23:52:02

  • Repose en paix

    De : Scath

    15/08/2019 à 23:51:57

  • Je partage votre douleur

    De : puce62

    12/08/2019 à 17:32:54

  • De : puce62

    12/08/2019 à 17:32:11

     

    Bonjour 

    Voilà je pleure, votre histoire poignante, si belle.

    Votre Polly à eu une belle vie grace à vous, elle à rencontré un ange.

    Tous ces pauvres chats des rues n'ont pas cette chance, hélas !!

    Elle repose en paix sur la félinopshère avec d'autres amis chats et chiens.

    C'est terrible de les perdre.

    J'ai accompagné mon Gribouille souffrant d'un fibrosarcome sur le dos,

    pendant les trois derniers mois de sa vie en espérant et hélas il m'a quitté ce 31

    Janvier et son absence est difficile à vivre.

    Courage à vous.

    Isa

    Tu n'es plus là où tu étais mais tu es partout où je suis.

    Victor Hugo